Lombok fascine avec ses criques désertes, le mont Rinjani qui domine l’horizon et ces rizières qui dégringolent en terrasses jusqu’à l’océan. Mais parler de cette île sans évoquer sa sismicité régulière, ses routes chaotiques ou la petite criminalité qui accompagne l’essor touristique serait malhonnête. La question n’est pas vraiment de savoir si Lombok est dangereux, mais plutôt comment vous allez aborder ce territoire. Avec un minimum de préparation et quelques réflexes simples, l’île se laisse apprivoiser sans problème. Sans préparation, vous risquez surtout de gâcher votre séjour.
L’Indonésie entière repose sur la Ceinture de feu du Pacifique. Lombok n’y échappe pas. Le Rinjani reste sous surveillance, et les séismes peuvent survenir sans prévenir. Les côtes ne sont pas à l’abri de tsunamis, même si les alertes se révèlent souvent sans suite. Pendant la mousson, les inondations et glissements de terrain bloquent parfois des routes pendant plusieurs jours.
Sur le plan sanitaire, la dengue circule activement, le chikungunya et le Zika aussi. La rage existe, surtout chez les chiens errants. En zone rurale reculée, le paludisme n’est pas totalement absent. Les infrastructures médicales correctes se concentrent sur Mataram et Senggigi ; ailleurs, les moyens sont limités. Si vous avez un problème grave, le rapatriement devient vite la seule option viable.
Côté sécurité physique, Lombok reste relativement calme comparé à d’autres destinations asiatiques. Mais les vols à l’arraché, les pickpockets et les arnaques classiques existent, surtout autour de Senggigi, des Gilis et sur les parkings. Les accidents de scooter représentent la principale cause de blessures chez les voyageurs. Routes étroites, nids-de-poule, conducteurs locaux imprévisibles : un cocktail qui finit souvent aux urgences. La conduite de nuit amplifie encore ces risques.
Quelques cas d’extorsion après consommation de boissons trafiquées ont été rapportés. Le schéma est toujours le même : bar de plage, rencontre sympathique, réveil sans rien et compte en banque vidé. Accepter un verre d’un inconnu reste une très mauvaise idée, ici comme ailleurs.
Commencez par vérifier que votre passeport reste valide au moins six mois après l’arrivée. Le visa on arrival coûte environ 35 dollars US, se prolonge une fois et vous laisse tranquille 30 jours. Depuis octobre 2025, le formulaire All Indonesia est obligatoire avant l’embarquement. Trois minutes en ligne, rien de compliqué.
L’assurance voyage avec rapatriement n’est pas négociable. Les frais médicaux peuvent exploser rapidement, et une évacuation sanitaire vers Singapour ou Bangkok atteint facilement 30 000 euros. Prenez aussi rendez-vous dans une clinique santé-voyage environ six semaines avant le départ. Hépatite A et B, rage si vous comptez randonner loin, vaccins de base à jour. Le médecin vous conseillera selon votre itinéraire précis.
Sur place, choisissez des hébergements avec un minimum de sécurité. Coffre dans la chambre, réception 24h/24, quelques avis vérifiables. Ne laissez jamais passeport, argent ou carte bancaire dans un bungalow fermé par un simple cadenas. Si vous louez un scooter, portez un casque homologué, roulez doucement et oubliez les virées nocturnes. Beaucoup de routes ne sont pas éclairées, et les autres usagers ne sont pas toujours visibles. Pour les trajets en montagne ou les longues distances, un chauffeur expérimenté reste le meilleur investissement.
Les ferries entre Bali, Lombok et les Gilis ne se valent pas tous. Privilégiez les compagnies certifiées, vérifiez que les gilets de sauvetage sont présents en nombre suffisant et évitez les embarcations surchargées. Quand la mer devient agitée, reportez plutôt que forcer. Un accident de bateau rapide peut très mal finir.
Côté argent, retirez du cash dans les distributeurs bancaires situés à l’intérieur des agences, pas ceux des rues bondées. Surveillez votre carte, ne la quittez pas des yeux lors des paiements. Les arnaques aux distributeurs piégés ou aux doubles transactions existent. Gardez toujours un peu de roupies en petites coupures pour les petits achats et les transports locaux.
Les voyageuses seules doivent simplement appliquer le bon sens habituel. Habillez-vous avec respect dans les villages ruraux, évitez les plages désertes après la tombée de la nuit, et rejoignez un lieu public si une situation vous met mal à l’aise. Les Indonésiens restent majoritairement bienveillants, mais le harcèlement existe comme partout ailleurs.
Contre les moustiques, couvrez-vous aux heures critiques, utilisez un répulsif efficace et dormez sous moustiquaire si la chambre n’a pas de climatisation. Emportez une trousse de secours avec désinfectant, pansements, sels de réhydratation et un antidiarrhéique basique. En cas de morsure animale, lavage abondant puis direction le centre médical le plus proche sans perdre de temps. Le traitement antirabique doit être administré rapidement et n’est pas disponible partout.
Cette île reste magnifique et accessible. La vraie différence entre un séjour réussi et un cauchemar tient souvent à trois fois rien : une assurance valide, un comportement prudent sur la route et le respect des coutumes locales. Lombok n’est pas plus dangereux que d’autres destinations exotiques. Il faut simplement accepter que le niveau de confort et de sécurité n’égale pas celui d’une capitale européenne.
Voyager ici demande un peu de souplesse, beaucoup de bon sens et une pointe d’humilité. Les imprévus font partie du jeuLombarde de surprises et d’ajustements, mais c’est justement ce qui rend l’expérience authentique.
Les plages du sud méritent le détour, même si les accès restent parfois rudimentaires. Kuta Lombok n’a rien à voir avec son homonyme balinais : ici, pas de foule compacte ni de vendeurs à la chaîne. Juste du sable blanc, quelques warungs familiaux et des vagues qui attirent les surfeurs du monde entier. Vous croiserez des pêcheurs qui réparent leurs filets à l’ombre des cocotiers, des gamins qui jouent au foot pieds nus et des chèvres qui traversent la route sans se presser.
Le Rinjani reste l’attraction phare pour les randonneurs. L’ascension demande une bonne condition physique et un guide obligatoire, mais la vue depuis le cratère vaut largement l’effort. Les nuits au campement sous les étoiles, le lac turquoise niché au sommet, les sources chaudes naturelles : tout contribue à faire de cette montée un moment fort. Simplement, ne sous-estimez pas la difficulté. Le dénivelé est sérieux, le froid peut surprendre en altitude et les conditions météo changent vite.
Autour de Senggigi, l’ambiance touristique prend le dessus. Hôtels internationaux, restaurants occidentalisés, boutiques de souvenirs : le décor classique d’une station balnéaire. Pas désagréable pour une étape, mais ce n’est pas là que vous toucherez l’âme de l’île. Pour ça, il faut pousser vers l’intérieur des terres, vers les villages sasak où le temps semble s’être arrêté quelque part entre deux siècles.
Les Gilis attirent encore massivement, malgré la surfréquentation croissante. Gili Trawangan vibre au rythme des fêtes nocturnes et des plongeurs. Gili Meno garde un profil plus calme, idéal pour décompresser quelques jours. Gili Air fait un compromis entre les deux. L’eau reste cristalline, les tortues marines abondent et le snorkeling se pratique depuis la plage. Mais attention aux courants entre les îles : plusieurs noyades surviennent chaque année, souvent parce que des gens s’aventurent trop loin sans gilet ni surveillance.
Le marché de Mataram plonge directement dans le quotidien indonésien. Étals débordant d’épices, poissons fraîchement débarqués, fruits inconnus aux formes étranges, tissus colorés empilés jusqu’au plafond. L’odeur mêle encens, friture et humidité tropicale. Les vendeurs négocient avec le sourire, les motos slaloment entre les stands et la vie grouille de tous les côtés. Un vrai bain de culture locale, loin des circuits balisés.
Lombok se vit sans carte postale idéalisée. L’électricité saute parfois pendant des heures. Les routes défoncées obligent à ralentir drastiquement. Les hébergements bon marché affichent un confort sommaire. La connexion internet reste capricieuse dès qu’on s’éloigne des zones touristiques. Mais ces petits désagréments disparaissent face à la générosité des rencontres, à la beauté brute des paysages et à cette sensation rare de voyager encore hors des sentiers rabattus.
Préparez-vous correctement, restez vigilant sur les bases et laissez-vous porter par le rythme insulaire. Lombok récompense ceux qui acceptent de jouer le jeu sans exiger le luxe occidental à chaque coin de rue.
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